HIVER

ET PUIS… QUELQUES MILLENAIRES PLUS TARD…

Le dernière histoire pose plus que jamais la question de la Destinée et introduit aussi la notion de libre-arbitre. Est-ce que tout est défini par avance ? Qu’est-ce que la liberté au fond ? Le dessinateur est Park Sung-Woo, dessinateur très populaire auprès des ados en Corée, et dont les histoires mettent en scène des mondes imaginaires.

Plusieurs milliers d’années après la disparition des humains sur Terre, deux femmes, Hoo et Woong, sont recrées par une race extraterrestre et placées dans un nouveau jardin d’Eden niché au cœur des montagnes. Afin de repeupler la Terre, un homme, Hwan, est crée à son tour et programmé génétiquement pour s’accorder en tout point avec la deuxième femme, Woong. Mais au fil des mois, allant à l’encontre des lois génétiques, il se trouve plus d’affinités avec celle qui joue un peu la « grande sœur », Hoo. Celle-ci est stérile et essaye de le rediriger vers Woong, mais rien n’y fait, et ils deviennent de plus en plus proches. Dans ce ménage à trois, ce qui doit arriver arrive : Woong, déçue, jalouse, poignarde Hwang puis essaye de tuer sa grande sœur mais renonce finalement et se tranche la gorge. Hwan, pourtant gravement blessé, est bien déterminé à se rendre dans la « zone interdite » pour y trouver une fleur et l’offrir à Hoo en gage de son amour. En chemin, il rencontre le Dieu chargé de veiller sur eux, et l’affronte pour gagner sa liberté. Dépité, le gardien renonce à comprendre la nature humaine et le laisse aller vers son Destin. Hoo retrouve son bien-aimé au sommet de la montagne, lui avoue enfin son amour, et tous deux pénètrent dans les ruines d’une ancienne ville humaine. Ils s’asseyent sur un banc au milieu des gravats, savourant leur liberté chèrement gagnée, et admirent la lune. La boucle est bouclée, les deux amants sont enfin réunis.

Sur le fond, cette histoire, très belle, fait un penser au mythe de Prométhée, dans le sens où Hwan se rebelle contre  l’autorité du Dieu de cet Eden et affirme sa volonté, tout comme le Titan s’était dressé contre Zeus. Mais la comparaison s’arrête là : si Prométhée cherche à aider les hommes, le dénouement de l’histoire laisse à penser que Hwan, en voulant vivre comme il l’entend, condamne plutôt une éventuelle réapparition des humains sur Terre !

Bien avant SAO, Youn In-Wan marquait déjà son intérêt pour les légendes coréennes puisqu’il en utilise déjà une ici, en l’interprétant à sa façon bien entendu. Graphiquement, les personnages sont soignés, et l’ambiance de cocon protecteur est bien rendue grâce à  Park Sung-Woo. Seul bémol : les visages des deux personnages féminins auraient gagnés à être plus différenciés car on les confond facilement à la lecture.

Magnus

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